Casting

Florence Dubois

Parfumeur, créateur - Odorescence

ISIPCA

J’ai eu envie de partager mon expérience avec les élèves...

Il y a tout juste 20 ans, Florence FOUILLET–DUBOIS, apprenait les bases du métier de parfumeur dans les labos d’ISIPCA Paris. L’ancienne étudiante devenue aujourd’hui parfumeur-créateur a repris depuis trois ans le chemin de l’école pour transmettre à son tour son expérience à la jeune génération.

Quel projet aviez-vous, il y a 20 ans, en sortant d’ISIPCA Paris ?

Au début, je n’avais pas encore l’idée de créer ma propre structure. Je voulais tout d’abord apprendre à créer des parfums. Quand on sort de l’école, on a de bonnes bases, on sait comment apprendre à enregistrer, à mémoriser les odeurs mais il faut un certain nombre d’années de pratique en laboratoire avant de pouvoir vraiment s’autoproclamer parfumeur–créateur. Je suis entrée dans une maison de création où j’ai appris pendant 13 ans les bases du métier. C’est ensuite que m’est venue l’idée d’ouvrir ma propre société. Je voulais créer des odeurs à façon, sur commande mais pouvoir y mettre ma patte personnelle.

Quel est le concept de votre entreprise, Odorescence *?

Je crée des parfums pour des particuliers, par exemple pour un mariage ou une fête privée. Je travaille également beaucoup avec des clients institutionnels pour qui je peux concevoir des parfums sur mesure pour de grands évènements comme par exemple le centenaire de la création d’une entreprise.

Vous avez gardé des liens étroits avec votre école d’origine, cette fois-ci, comme enseignante. Qu’est-ce qui vous motive dans cette démarche ?

J’avais de très bons professeurs à ISIPCA Paris et j’ai eu envie, à mon tour, de partager mon expérience et mes conseils avec les élèves de l’école. Notre métier demande beaucoup de persévérance. Il faut à peu près 10 ans pour être un bon praticien de la parfumerie. Comme dans la musique, Il faut faire ses gammes, essayer plein de choses différentes, apprendre des autres avant de trouver son propre style. Lorsqu’à la fin de sa vie, on demandait à Picasso comment il arrivait à avoir une inspiration aussi rapide et fulgurante, il disait toujours : j’ai mis 40 ans à faire ce croquis. Moi je dis à mes élèves : un parfum, vous saurez bien l’imaginer en 5 minutes mais dans 10 ans !

Je veux leur transmettre à la fois des connaissances théoriques mais aussi certaines valeurs, le plaisir du travail bien fait, bien accompli, bien réfléchi. Travailler en laboratoire, c’est utiliser des produits chimiques. Il y a des règles de sécurité à respecter. On manipule des produits qui parfois valent plus cher que l’or au kilo ! Il y a donc une forme de respect à avoir vis-à-vis des matières premières que l’on utilise.

Et comment trouve-t-on l’inspiration, lorsque l’on est parfumeur ?

L’inspiration, on la trouve rarement au laboratoire. Le laboratoire, c’est le lieu de transformation de nos idées. Un bon parfumeur accompli c’est celui qui est capable d’imaginer, rien qu’en écrivant une formule, ce que le mélange va sentir.

 

* www.odoressence.com