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Casting

Fatia Benmessahel

Deuxième année de premier cycle ingénieur

ESIEE Paris

La boxe française, c’est vraiment le noble art...

A travers la web série « Les Sportives », la CCI Paris-Ile-de-France vous plonge au coeur des 18 écoles parisiennes de son réseau. Découvrez les portraits d’étudiantes passionnées de sport qui mènent souvent plusieurs combats de front. Aujourd’hui, le parcours de Fatia Benmessahel, en deuxième année de premier cycle ingénieur à l’ESIEE Paris et boxeuse promis à un bel avenir.

« J’ai testé tous les sports : le foot, le hand, le triathlon…Mais rien ne me plaisait vraiment. Mon oncle faisait de la boxe. Un jour, je me suis incrustée à un entraînement où il emmenait mon frère. » Fatia Benmessahel n’a alors plus jamais quitté le ring. « Mon oncle revenait toujours avec des bleus alors ma grand-mère n’était pas du tout partante pour que sa petite fille suive le même exemple, raconte-t-elle, amusée. Il y a beaucoup de stéréotypes autour de la boxe. Maintenant, même si je pense qu’elle voudrait que j’arrête, ma grand-mère et toute ma famille me soutiennent. »

 

Déjà championne

Si la jeune femme de Seine-Saint-Denis a commencé sur le tard, à 16 ans, cela ne l’empêche pas de performer. Trois ans plus tard, la sportive est championne d’Europe et double championne de France junior dans sa catégorie (-60 kilos). « La boxe anglaise, c’est vraiment le noble art, juge-t-elle. C’est un sport très complet où il ne s’agit pas seulement de taper ou d’avoir du cardio. C’est très physique et stratégique à la fois. Il faut savoir gérer son poids et respecter une certaine hygiène de vie. Cela met un cadre. »

 

Et il vaut mieux être au clair sur ses objectifs lorsque l’on porte les combats de Fatia Benmessahel. La jeune femme a intégré l’ESIEE à Paris, une école préparatoire pour devenir ingénieur, avec l’idée de travailler plus tard dans l’aéronautique. « Concrètement, je suis en cours de 8h à 17h tous les jours. Les soirs, je suis à la salle de 18h à 20h30. Je suis en examen le samedi matin. Et le mercredi, je donne un cours de boxe avant d’aller m’entraîner. » Sans oublier l’INSEP[1] où Fatia Benmessahel se rend deux fois par semaine pour garder le contact avec le groupe France. « Je travaille mes cours à la fin de mes journées. J’étudie aussi pendant les compétitions. Heureusement qu’il y a toujours des personnes dans la classe pour m’aider et m’expliquer ce que j’ai manqué ! »

 

S’imposer chez les séniors

D’autant que la licenciée de Rosny est à un tournant de sa carrière. « J’étais numéro une chez les juniors mais je dois faire ma place en sénior. Je suis dans une phase de transition et il ne faut pas que je lâche si je ne veux pas laisser passer ma chance. J’arriverais peut-être à me qualifier pour les Jeux de Tokyo mais il sera trop tôt pour moi. Je suis grande donc j’ai de l’allonge et je suis assez physique. Mais cela fait seulement trois ans que je boxe donc je dois m’améliorer sur la technique, la rapidité. J’ai envie de gagner à Paris. En 2024, je serai arrivée à maturité ! »

Très active sur les réseaux sociaux, Fatia Benmessahel met un point d’honneur à transmettre sa passion. « C’est un bon moyen de montrer que la boxe féminine anglaise obtient des résultats. A titre personnel, mon parcours prouve que sportive et études de haut niveau sont compatibles. Il y a souvent des jeunes filles qui m’envoient des messages et sont impressionnées par ce double cursus. Il y a même des entraîneurs qui me demandent de convaincre des parents pour que leur fille continue la boxe ! »

 

[1] INSEP : L’Institut National du Sport, de l’Expertise et de la Performance est la fabrique nationale des héros.

 

Source : Mejdaline Mhiri, Magazine Les Sportives

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