Le télétravail est aussi possible pour les alternants
07  Mai. 2021

Télétravail et alternance, c’est possible !

Conseils

La crise sanitaire de la Covid-19 a changé, peut-être pour longtemps, l’organisation des entreprises. Les salariés en contrat « classique » comme les alternants ont, depuis plus d’un an, vu pour un grand nombre d’entre eux leurs activités basculer en travail à distance.

Nous avons fait un point avec Tristan Gillouard, Directeur de l’Apprentissage de la CCI Paris Île-de-France

Pensez-vous que le télétravail soit possible pour tous les alternants ?

Il est possible de se former en alternance à beaucoup de métiers dans tous les secteurs d’activité.

Mais, la période de confinement l’a parfaitement parfaitement illustré, il existe des métiers qu’il est impossible de réaliser à distance (dans les domaines de la sécurité, des transports, de la vente de produits de première nécessité, du bâtiment, du soin à la personne, de la livraison…). Le ministère du travail estimait en 2020 que 30% des métiers pourraient être exercés en télétravail, d’autres sources considèrent que ce chiffre pourrait être augmenté jusqu’à 60%.

En ce qui concerne la formation des alternants, de nombreux cours peuvent bien sûr être suivis à distance. On peut même suivre de chez soi certains cours techniques qui nécessitent une mise en pratique. On peut se filmer, adresser la vidéo à son enseignant, être en interaction. C’est le cas en cuisine ou en pâtisserie par exemple. Les métiers qui s’appuient sur l’informatique sont aussi concernés.

Mais, dans certains cas, ce n’est pas possible car l’enseignement nécessite l’accès à des plateaux pédagogiques dont on ne dispose pas chez soi. Certains apprentissages, ceux qui relèvent du geste professionnel en particulier, doivent se faire en présence des enseignants, dans des conditions professionnelles d’apprentissage que les centres de formation reproduisent.

La modalité du télétravail préoccupe les alternants, pensez-vous qu’ils aient raison ?

La crise a effectivement changé nos méthodes de travail. Il est vrai que jusque-là, la transmission des compétences se faisait aussi de façon informelle : l’observation et l’analyse de ce qu’il se passait, le traditionnel « point de rencontre » à la machine à café ou à l’imprimante. Toutefois, même si ce fonctionnement n’est plus d’actualité, il est possible de mettre en place un contexte qui soit favorable à la transmission. Cela demande cependant à l’alternant d’être plus proactif dans ses demandes.

Les consignes doivent aussi être davantage formalisées et les tâches doivent être cadrées en termes de temps de réalisation et de livrables attendus. En fait, ce sont les mêmes clés que pour le management à distance, avec la particularité que le jeune est là avant tout pour apprendre. Il est aussi important de donner du sens. C’est moins facile pour l’apprenant à distance, privé de certains repères, que lorsqu’il est imprégné du contexte professionnel, en entreprise avec le tuteur ou les collègues ou chez le client.

La plupart du temps, les tuteurs sont force de proposition dans ce sens. C’est d’ailleurs ce que le Département Entreprises & Compétences – DEC s’attache à leur rappeler lors des formations qui sont dédiées à leur mission.

A défaut, l’alternant ne doit pas hésiter à solliciter des rendez-vous en visioconférence ou téléphoniques. Il est important qu’il ait un programme clair et une visibilité sur ce qu’il a à faire. Il faut également oser proposer sa présence lors de réunions sur des sujets qui semblent ne pas le concerner voire à demander s’il est possible d’être en contact avec d’autres alternants de l’entreprise.

Nous vivons actuellement une situation inédite et toutes les suggestions qu’il sera amené à formuler pour faciliter son expérience ainsi que celle de son tuteur seront bien accueillies si tant est qu’elles ne soient pas des injonctions bien sûr.

Dernière question, pensez-vous que les alternants puissent tirer profit de cette expérience souvent perçue comme dépréciée ?

Comme je vous le disais, cette situation est loin d’être idéale et, fort heureusement, chaque jour qui passe nous rapproche de la sortie de la crise sanitaire.

Cependant, il faut aussi prendre conscience que le travail tel qu’il existait avant ne sera plus. Le contexte exceptionnel a accéléré les mutations, vers la digitalisation par exemple. Aujourd’hui, on le voit dans nos formations : nombreux sont les salariés qui ont acquis les réflexes du numérique.

De surcroît, plusieurs analyses, y compris celles menées par CCI Paris Île-de-France Éducation, montrent que les soft skills (aussi appelées « compétences transversales ») sont amenées à occuper une place de plus en plus importante dans l’entreprise. Je suis confiant sur le fait que les jeunes – qui réalisent leur alternance en partie ou en totalité en télétravail – développent actuellement de nouvelles compétences qui seront valorisables durant leur parcours professionnel.

 

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Formation :

La CCI Paris Île-de-France propose une offre de formation professionnelle  dans le domaine-clé de la transmission et de la valorisation des compétences. Le DEC s’attache à accompagner la personne et/ou l’entreprise dans l’élaboration de son plan de développement de compétences et à proposer une déclinaison de solutions individuelles ou collectives, particulièrement adaptées à la situation actuelle.
www.cci-paris-idf.fr/fr/education/formation/dec-entreprises-competences

Orientation jeunes :

Les écoles de la CCI Paris Île-de-France offrent 500 formations dont 400 en apprentissage.

Retrouvez les sur www.chacunsavoie.com

 

Crédit photo : ©Aurelia Blanc / CCI Paris IDF