Etudiants de la CCI Paris IdF
30  Juin. 2021

Des écoles ouvertes à tous et mobilisées pour l’accueil des jeunes en situation de handicap

Conseils

Une formation, un métier pour chacun, telle est la devise des écoles de la CCI Paris Île-de-France.
Elles accueillent chaque année 38 000 jeunes dont 17 000 apprentis dans des formations allant du CAP au Master et préparent à des centaines de métiers. Chacun peut y trouver sa voie.

Afin de faciliter l’accueil des jeunes en situation de handicap, nos établissements disposent de référents handicap formant une équipe animée par le Docteur Brunhes-Perez. Nous l’avons rencontrée.

Pouvez-vous nous parler de votre rôle ?

Je suis médecin coordinateur à la Direction générale adjointe Education de la CCI Paris Île-de-France pour ce qui concerne la santé physique, mentale et sociale de nos jeunes apprenants. A ce titre, je coordonne le réseau des référents handicap en charge de l’accueil et de l’accompagnement des jeunes en situation de handicap dès la candidature à un programme et pendant leur scolarité. Il y a un référent dans chacune de nos écoles. Quand un jeune signale une situation particulière, le référent handicap le contacte et je participe à l’évaluation de ses besoins et de ce que nous pouvons lui proposer.

Comment candidater dans une école lorsque l’on est en situation de handicap ?

Dans tous nos dossiers de candidature il y a la possibilité de préciser que l’on a un dossier MDPH ou une RQTH ou que l’on a bénéficié d’aménagements antérieurs.

Dans ce cas, le référent handicap est saisi du dossier et contacte le candidat pour voir avec lui quels sont les aménagements dont il a besoin. S’il a du temps supplémentaire pour passer les épreuves, il disposera de temps supplémentaire dans les phases de recrutement.

Nos référents handicap sont disponibles pour les étudiants scolarisés dans nos écoles mais aussi pour échanger avec les jeunes en recherche d’orientation et leurs familles. Les contacts sont visibles sur leurs sites internet : www.chacunsavoie.com/mission-handicap-cci-paris-idf/

Si les référents handicap ne sont pas en capacité de répondre quand la situation est un peu complexe, j’en suis informée et je prends contact avec la famille. Nous pouvons aussi, dans les rares cas où la situation l’exige, les orienter vers des services spécialisés qui vont faire une analyse plus approfondie des compétences requises par rapport à la formation professionnelle envisagée.

Il est important de rappeler que le fait d’être en situation de handicap n’est pas un frein pour intégrer une formation.

Que se passe-t-il après l’admission dans un programme ?

C’est le référent handicap qui fait un point avec le jeune sur les aménagements dont il a besoin pour sa scolarité. Cela peut être par exemple la mise en place de temps supplémentaire, comme pour les examens, d’aménagements de temps de présence pour des personnes qui ont des problèmes de fatigabilité importante, ou relationnels quand ils se retrouvent dans des grands groupes.

Nous travaillons beaucoup sur l’accessibilité également dans sa composante numérique avec la plateforme de cours Blackboard qui permet de récupérer les supports de cours lorsque la prise de notes est compliquée (possibilité de grossir les caractères, de passer en format audio et de nombreux autres aménagements pour faciliter la formation de tous).

Pour les apprentis, comment est-ce que cela se passe entreprise ?

Les jeunes qui entrent en apprentissage ne réalisent pas toujours qu’ils entrent comme salariés dans un système. Il y a une différence avec le statut d’élève, notamment autour de l’accompagnement. Tous nos jeunes n’ont pas une reconnaissance de travailleur handicapé, ni un dossier à la MDPH (maison départementale des personnes en situation de handicap), mais ils ont parfois des besoins particuliers et ont eu des suivis spécifiques au cours de leur scolarité antérieure. Nous voyons avec eux comment les accompagner dans le cadre de ce que nous permet la loi. Et nous les guidons vers les demandes particulières qui correspondent à leur statut de salarié.

Pour un apprenti, quand il existe des aménagements de temps un peu spécifiques, ou de pause dans une journée de travail, cela se fait en partenariat avec l’entreprise et nous travaillons le projet avec elle car le jeune est sous sa responsabilité.

Toutes les entreprises n’ont pas de missions handicap comme les grands groupes, mais nous avons l’habitude de collaborer avec de petites entreprises sur des aménagements particuliers à mettre en place autour d’une formation.

Il existe des aides financées le plus souvent par l’Agefiph pour les entreprises de droit privé pour les adaptations matérielles de postes de travail. Il faut  s’y prendre bien en amont de la rentrée car il y a un temps de mise en place. Les adaptations peuvent être de toutes sortes en fonction des situations : un fauteuil particulier, une table avec une hauteur réglable, un matériel informatique particulier pour des déficients visuels, une souris spécifique, des micros pour des déficients auditifs, devoir être assis plutôt que debout… Il s’agit de trouver une solution à chaque situation. Les jeunes ont aussi souvent déjà leur matériel, qu’il faut simplement adapter à la situation de l’entreprise.

Est-ce que toutes les formations sont accessibles aux jeunes en situation de handicap ?

Lorsqu’il y a une situation de handicap rien n’est interdit, mais il faut bien sûr prendre en compte le type de déficience et les adaptations qui peuvent être mises en place autour. Lorsqu’on a une reconnaissance de travailleur handicapé, la seule contre-indication à une formation ne peut être que médicale. Il ne faut pas que la formation aggrave la situation de handicap ou mette en danger la sécurité du salarié. Dans ce cas, nous pouvons l’accompagner afin qu’il trouve une formation compatible avec son handicap qui puisse convenir à ses aspirations. Mais ce genre de situation est assez rare. Chaque situation est différente. Il faut aussi penser à l’intégration dans le monde du travail. C’est là que l’apprentissage revêt toute son importance et permet de voir si le handicap du jeune est compatible avec l’exercice de la profession plus tard.

Rencontrez-vous des jeunes qui ne souhaitent pas faire connaître leur situation ?

Nos enseignants sont sensibilisés aux difficultés que rencontrent certains jeunes et nous les font remonter. Il arrive qu’il y ait des situations connues des familles et du jeune mais que le jeune ne nous ait pas informés de ses difficultés. Parfois, il n’y a pas eu de diagnostic véritablement fait et il faut dans ce cas que nous fassions les analyses au niveau de nos écoles.

Certains jeunes dont le handicap n’est pas visible ne veulent pas que leurs difficultés soient connues, et nous essayons de leur montrer l’intérêt que cela aurait pour eux de les déclarer afin de pouvoir bénéficier des aménagements dont ils ont besoin pour suivre au mieux les enseignements.

 

En savoir plus :

Découvrez les écoles de la CCI Paris Île-de-France : www.chacunsavoie.com
La mission handicap du CFA de la CCI Paris Île-de-France : www.chacunsavoie.com/mission-handicap-cci-paris-idf/

 

Crédit photo : Aurélia Blanc / CCI Paris Île-de-France